Changer de notaire en cours de transaction n’est pas rare : selon les études notariales, près de 15 % des dossiers immobiliers voient au moins un changement d’officier public avant la signature définitive. Pourtant, beaucoup de clients redoutent le surcoût ou les complications, alors qu’en réalité, le prix pour changer de notaire est souvent bien moins élevé qu’on ne l’imagine. Mais attention, tout dépend de l’avancement du dossier, des actes déjà réalisés et des accords entre les parties.
Le notaire, contrairement à une idée reçue, n’est pas libre de fixer ses honoraires sur la majorité des actes immobiliers : les frais sont réglementés, et le coût d’un changement dépend surtout du partage des honoraires et des frais administratifs engagés. Ce qui, concrètement, veut dire que le choix du notaire ne doit jamais se limiter à une question de prix. Mais se tromper ou subir un mauvais accompagnement peut coûter plus cher, en temps comme en argent.
Quand peut-on changer de notaire et comment cela impacte les frais ?
Le moment où vous décidez de changer de notaire détermine tout le reste, y compris le coût. Avant la signature du compromis, changer de notaire est généralement une formalité : vous prévenez l’agence ou la partie adverse, et le nouveau notaire reprend le dossier sans frais supplémentaires, hormis parfois quelques euros pour la récupération de documents. Après la signature du compromis, les choses se corsent : le notaire en charge a déjà réalisé des démarches (demandes d’urbanisme, vérification des titres, etc.), et il réclamera des frais de « diligence » pour le travail accompli.
En pratique, le notaire sortant facture uniquement les prestations effectivement réalisées. Cela peut aller de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros selon l’avancement. Par exemple, pour un compromis déjà rédigé et signé, le notaire peut réclamer jusqu’à 500 € pour les recherches effectuées (urbanisme, diagnostics, purge des droits de préemption). Mais aucune « double facturation » n’est possible sur les émoluments réglementés : si deux notaires interviennent, ils se partagent la rémunération prévue, sans surcoût pour le client.
Mon expérience : beaucoup de clients pensent qu’il faut attendre la fin du compromis pour changer de notaire. C’est faux. Agir tôt limite les coûts et évite les tensions. Le vrai piège, c’est de ne prévenir personne et de laisser deux études travailler en parallèle : on finit alors par payer deux fois des frais de recherches ou de déplacement. Donc, si vous sentez que le courant ne passe plus, informez toutes les parties dès que possible.
Quels frais sont réellement facturés lors d’un changement de notaire ?
La question du prix pour changer de notaire se résume à deux choses : les frais « d’actes » (ceux, réglementés, qui seront dus de toute façon) et les frais accessoires (temps passé, copies, recherches déjà engagées). Concernant les émoluments sur la vente, ils ne changent pas : leur montant est fixé par décret, et s’il y a deux notaires, ils se les partagent. C’est sur les frais accessoires que la facture peut grimper, surtout si le dossier était déjà bien avancé.
Prenons un cas concret : vous signez un compromis chez le notaire A, puis souhaitez que la vente soit finalisée chez le notaire B. Le notaire A facturera ses diligences (rédaction du compromis : autour de 250 à 400 €), et le notaire B reprendra la main pour l’acte authentique, sans double facturation. Mais attention aux frais de restitution ou de transmission de dossier, qui peuvent atteindre 100 à 150 € — rien d’exagéré, mais à anticiper. Si la répartition des frais n’est pas claire, demandez un décompte précis avant de valider le changement.
Ce qui surprend souvent : aucun surcoût global ne s’applique parce que vous changez de notaire. Les frais totaux restent les mêmes, ils sont simplement répartis différemment. Là où vous pouvez perdre un peu, c’est sur les « frais administratifs » (courrier, numérisation…), qui varient d’une étude à l’autre mais ne dépassent presque jamais 200 € au total.
Le partage des honoraires entre notaires : qui paie quoi ?
Dans une vente immobilière, le partage des honoraires entre notaires suit une règle stricte : les émoluments sont divisés entre tous les notaires intervenant à l’acte. Si vendeur et acquéreur ont chacun leur notaire, la rémunération fixée par le barème officiel est partagée, sans supplément. C’est la loi, pas une faveur : chaque notaire défend les intérêts de son client, mais la facture globale n’augmente pas pour autant.
Pour vous donner une idée concrète, voici un tableau comparatif :
| Situation | Surcoût pour le client | Partage des honoraires | Frais accessoires |
|---|---|---|---|
| Un seul notaire | ❌ Non | 💶 100 % pour le notaire | ⚠️ Frais minimes |
| Deux notaires (acquéreur + vendeur) | ❌ Non | 💶 50 % chacun | ⚠️ Frais de transmission possibles |
| Changement de notaire après compromis | ❌ Non | 💶 Partage selon travail fait | ✅ Oui, selon avancement |
Ce qui fait la différence dans le prix, ce sont les actes déjà accomplis. Un notaire qui a simplement informé sur le projet ne facturera rien. S’il a rédigé le compromis, il facturera ce travail. L’acte authentique, lui, sera facturé par le notaire qui le signe, et partagé selon la convention entre études. Le client n’a donc jamais à payer deux fois pour un même acte notarié, mais il doit vérifier que les « frais annexes » ne lui sont pas imputés en double.
Si jamais le partage n’est pas clair, n’hésitez pas à demander un état des frais détaillé. Un notaire est tenu de justifier toute somme demandée, et mieux vaut le faire avant la signature qu’après. Cela évite les mauvaises surprises et les tensions inutiles.
Exemples concrets : combien coûte le changement de notaire selon l’avancement du dossier
Passons à des exemples vécus, parce que c’est là que les chiffres prennent tout leur sens. Avant le compromis, changer de notaire ne coûte rien ou presque : quelques dizaines d’euros tout au plus pour les copies ou l’envoi de documents, mais ce sont rarement des frais bloquants. La vraie question se pose après le compromis, où chaque action peut être refacturée.
Cas 1 : compromis signé, diagnostics fournis, recherches d’urbanisme lancées. Le notaire A facture 300 € pour le compromis, 100 € pour les recherches, 50 € pour la transmission du dossier. Total : 450 €. Le notaire B prend la suite, facture l’acte authentique (partagé avec A), sans surcoût. Cas 2 : changement de notaire juste avant la signature de l’acte final. Le notaire initial peut alors réclamer la quasi-totalité des honoraires pour le temps passé, surtout s’il est prouvé qu’il a mené l’essentiel des démarches. Mais là encore, aucune double facturation n’est possible sur les frais réglementés.
Le vrai conseil, c’est d’anticiper. Avant de lancer un changement, demandez un état des frais : c’est obligatoire et ça vous évite de mauvaises surprises. Si le montant semble exagéré, comparez avec un autre professionnel ou contactez la Chambre des notaires. Rien n’empêche de négocier certains frais accessoires, notamment quand ils ne sont pas justifiés par un travail réel.
Avantages et risques à changer de notaire : ce que l’on ne vous dit jamais
Changer de notaire peut s’avérer salvateur quand la confiance est rompue, mais ce choix n’est pas sans risques. Le principal avantage, c’est de bénéficier d’un conseil adapté à votre situation, surtout si vous estimez que le notaire initial n’a pas défendu vos intérêts. Un notaire choisi par l’acquéreur, par exemple, sera parfois plus attentif à la sécurisation du financement ou à la vérification des servitudes. De même, pour un vendeur, changer de notaire permet d’éviter les conflits d’intérêts ou les lenteurs administratives.
Mais attention aux délais : un changement de notaire en cours de dossier peut retarder la signature de plusieurs semaines, le temps de transmettre l’ensemble des pièces et de refaire certaines vérifications. Les banques et les agences immobilières n’aiment pas l’incertitude, et un dossier qui traîne peut vite faire capoter la vente. D’expérience, un changement de notaire ajoute en moyenne 2 à 4 semaines au délai global, surtout si les deux études ne collaborent pas pleinement.
- ⚠️ Délais rallongés : transmission du dossier et relecture des pièces
- ✅ Conseil personnalisé : choix d’un notaire qui défend vraiment vos intérêts
- 💡 Possibilité de rénégocier certains aspects du compromis
Mon conseil : ne changez pas de notaire sur un coup de tête. Prenez le temps de discuter des points qui posent problème, et si vous décidez de franchir le pas, faites-le vite et en toute transparence avec l’autre partie. Un changement bien géré vous coûtera peu et peut vous éviter de gros soucis juridiques à terme.
Pour finir, sachez que le notaire n’est pas votre « adversaire » mais un partenaire de la transaction. Si le courant ne passe pas, mieux vaut changer rapidement que de subir une signature à reculons. Le prix pour changer de notaire reste modéré si tout est anticipé, et la tranquillité d’esprit n’a pas de prix — surtout quand on parle de la vente ou l’achat d’un bien immobilier.
Foire aux questions :
Peut-on changer de notaire en cours de vente ?
Oui, il est possible de changer de notaire à tout moment avant la signature de l’acte définitif. Il suffit d’en informer toutes les parties et de régler les éventuels frais pour le travail déjà accompli.
Est-ce que changer de notaire coûte plus cher ?
Non, les frais réglementés ne sont pas doublés. Seuls les frais accessoires (recherches, transmission de dossier) peuvent s’ajouter, mais ils restent limités.
Qui choisit le notaire lors d’une vente immobilière ?
L’acquéreur choisit en général le notaire qui rédigera l’acte authentique. Le vendeur peut aussi se faire assister par son notaire, sans surcoût global pour la transaction.
Quels sont les risques à changer de notaire ?
Le principal risque est le rallongement des délais. Un changement mal anticipé peut retarder la signature de plusieurs semaines si le dossier est complexe ou mal transmis.


